Plainte · Main courante · Suivi de procédure

Porter plainte en ligne, sans se perdre dans la procédure

Déposer plainte est un acte que l’on n’a pas choisi. Qualiplainte réunit l’essentiel de ce qu’il faut savoir avant, pendant et après : la différence entre plainte et main courante, les preuves à réunir, les délais à respecter et les recours possibles en cas de classement sans suite.

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  • Rapide
  • Professionnel
  • Confidentiel

Le parcours d’une plainte

  1. Le dépôtCommissariat, gendarmerie, ou courrier au procureur de la République.
  2. L’enquêteLe parquet confie les investigations à un service de police ou de gendarmerie.
  3. La décision du parquetPoursuites, mesure alternative, ou classement sans suite motivé.
  4. Les suitesJugement, ou recours si la plainte n’a pas été suivie d’effet.

Trois démarches, trois effets

Plainte, main courante, suivi : laquelle vous concerne ?

On les confond souvent. Elles n’ont pourtant ni le même objet, ni les mêmes conséquences juridiques.

Porter plainte

La plainte informe le procureur de la République qu’une infraction a été commise. Elle ouvre la voie à une enquête et, le cas échéant, à des poursuites. Elle peut être déposée dans n’importe quel commissariat ou brigade, ou adressée par écrit au parquet.

Effet : la justice est officiellement saisie des faits.

Déposer une main courante

La main courante consigne une déclaration dans un registre tenu par la police ou la gendarmerie. Elle date les faits et en conserve la trace, sans déclencher d’enquête — un point de repère utile lorsqu’une situation se dégrade progressivement.

Effet : les faits sont datés et certifiés, rien de plus.

Suivre sa plainte

Plusieurs mois peuvent s’écouler sans nouvelle. Vous avez le droit de savoir où en est votre dossier : le service enquêteur et le parquet peuvent être interrogés, directement ou par l’intermédiaire d’un avocat.

Effet : vous reprenez la main sur le calendrier de la procédure.

Pourquoi ce site

Une procédure pénale lisible, du dépôt à la décision

L’égalité des armes, dès le début

Une personne mise en cause peut être assistée d’un avocat dès sa première audition. La victime, elle, arrive souvent seule au guichet. Comprendre la procédure avant d’y entrer rétablit une part de cet équilibre.

Des repères vérifiables

Qualifications, délais de prescription, voies de recours : chaque étape renvoie à une règle précise du code de procédure pénale, pas à une impression. Vous savez ce qui peut être demandé, et à qui.

Du temps et de l’énergie économisés

Savoir quelles pièces réunir et comment formuler son récit évite les allers-retours, les déclarations incomplètes et les dossiers qui s’enlisent faute d’éléments exploitables.

La confidentialité comme principe

Une plainte porte sur des faits intimes ou violents. Vous préparez votre démarche chez vous, à votre rythme, avant de vous exposer à un guichet ou à une audition.

Champ couvert

Les infractions pour lesquelles on dépose plainte

Des contraventions les plus simples aux faits les plus graves, la démarche reste la même : qualifier les faits, réunir les preuves, saisir le bon interlocuteur.

  • Coups et blessures volontaires
  • Violences aggravées
  • Blessures involontaires
  • Menaces de mort réitérées
  • Chantage
  • Appels téléphoniques malveillants
  • Harcèlement moral
  • Harcèlement moral au travail
  • Harcèlement sexuel
  • Discrimination
  • Agression sexuelle
  • Outrage sexiste
  • Vol
  • Vol aggravé
  • Escroquerie
  • Abus de confiance
  • Abus de faiblesse
  • Fraude à la carte bancaire
  • Extorsion
  • Dégradations volontaires
  • Faux et usage de faux
  • Violation de domicile
  • Non-représentation d’enfant
  • Abandon de famille
  • Tapage nocturne
  • Trouble anormal du voisinage
  • Dépôt sauvage d’ordures
  • Cyberharcèlement
  • Diffamation
  • Injure publique
  • Usurpation d’identité
  • Dénonciation calomnieuse

Méthode

Nos 10 conseils pratiques avant de déposer plainte

Porter plainte est un acte singulier : on ne choisit pas d’être victime d’une infraction. Ces dix points permettent de déposer plainte efficacement, et dans les moins mauvaises conditions possibles.

  1. Signalez les faits sans attendre

    Plus la déclaration est proche des faits, plus les constatations, les témoignages et les traces matérielles sont exploitables. Un délai important fragilise l’enquête, même lorsque la prescription n’est pas acquise.

  2. Vérifiez qu’il s’agit bien d’une infraction pénale

    Un litige de voisinage, un impayé ou un désaccord contractuel relèvent souvent du juge civil. La plainte pénale suppose un fait défini et réprimé par le code pénal : vol, escroquerie, violences, harcèlement, diffamation…

  3. Surveillez les délais de prescription

    Passé ce délai, l’action publique ne peut plus être engagée. À titre général : un an pour les contraventions, six ans pour les délits, vingt ans pour les crimes, avec des règles particulières pour les infractions occultes ou commises sur mineur.

  4. Rassemblez vos preuves avant de vous présenter

    Captures d’écran horodatées, SMS, courriels, relevés bancaires, photographies, factures, coordonnées des témoins. Conservez systématiquement les originaux et ne transmettez que des copies.

  5. Faites constater les blessures par un médecin

    En cas de violences, un certificat médical initial fixant l’incapacité totale de travail (ITT) détermine la qualification retenue et la juridiction compétente. Faites-le établir le plus tôt possible, même pour des blessures légères.

  6. Identifiez l’auteur si vous le pouvez

    Nom, adresse, véhicule, profil en ligne, lien avec vous. À défaut, la plainte peut être déposée contre X : l’enquête est alors ouverte sans auteur désigné.

  7. Rédigez un récit chronologique et factuel

    Datez chaque fait, décrivez ce que vous avez vu, entendu et subi, sans interprétation ni qualification juridique. Un récit clair et daté est plus solide qu’un texte long et émotionnel.

  8. Adressez-vous au bon interlocuteur

    Tout commissariat ou toute brigade de gendarmerie doit recevoir votre plainte, quel que soit le lieu des faits. Vous pouvez également écrire directement au procureur de la République du tribunal judiciaire compétent.

  9. Conservez le récépissé ou la copie de votre plainte

    Il vous sera demandé par votre assureur, votre employeur ou votre avocat, et vous permet de suivre le dossier. Notez également le numéro de procédure qui vous est communiqué.

  10. Anticipez la suite : suivi et voies de recours

    Vous pouvez demander où en est votre dossier. En cas de classement sans suite, plusieurs voies restent ouvertes : recours auprès du procureur général, plainte avec constitution de partie civile, ou citation directe.

Questions fréquentes

Ce que l’on nous demande le plus souvent

Quelle différence entre une plainte et une main courante ?

La plainte déclenche l’action de la justice : elle est transmise au procureur de la République, qui décide des suites à donner. La main courante ne fait que consigner une déclaration dans un registre : elle date les faits et en conserve la trace, mais n’ouvre aucune enquête. On y recourt souvent pour des faits qui ne constituent pas encore une infraction, ou pour se constituer un historique — un départ du domicile conjugal, des nuisances répétées, un différend familial.

Peut-on réellement porter plainte en ligne ?

Plusieurs dispositifs coexistent. La pré-plainte en ligne du service public permet de préparer une déclaration pour certaines atteintes aux biens sans auteur connu, avant de la signer en commissariat ou en gendarmerie. La plainte simple peut également être adressée par courrier, idéalement en recommandé avec accusé de réception, au procureur de la République du tribunal judiciaire compétent. Enfin, tout service de police ou de gendarmerie est tenu de recevoir votre plainte sur place.

Le commissariat peut-il refuser ma plainte ?

Non. Les officiers et agents de police judiciaire sont tenus de recevoir les plaintes déposées par les victimes d’infractions, et de les transmettre au service compétent. En cas de refus, écrivez directement au procureur de la République en décrivant les faits et en joignant vos pièces : ce courrier vaut dépôt de plainte.

Ma plainte a été classée sans suite : que faire ?

Le classement sans suite n’est pas une décision définitive. Vous pouvez former un recours auprès du procureur général près la cour d’appel, déposer une plainte avec constitution de partie civile devant le doyen des juges d’instruction, ou faire citer directement l’auteur devant le tribunal correctionnel lorsque les faits et leur auteur sont établis.

Combien de temps ai-je pour porter plainte ?

Le délai de prescription de l’action publique court en principe à compter du jour de l’infraction : un an pour les contraventions, six ans pour les délits, vingt ans pour les crimes. Des règles dérogatoires allongent ce délai pour les infractions occultes ou dissimulées et pour certaines infractions commises sur des mineurs.

Comment savoir où en est mon dossier ?

Vous pouvez demander des informations au service enquêteur qui a reçu votre plainte, ou au procureur de la République. Un avocat peut interroger la juridiction pour votre compte et obtenir des éléments sur l’état d’avancement de la procédure, ce qui est souvent le moyen le plus rapide lorsque les mois passent sans nouvelle.

Une question sur votre situation ?

Les informations réunies ici sont générales. Si votre cas demande une réponse précise, écrivez-nous : nous vous indiquerons vers quel interlocuteur vous tourner.